jeudi 8 mars 2012

l’UDPS et la majorité sont favorables au dialogue, pas au partage du pouvoir


Monseigneur Nicolas Djomo, président de la CENCO le 4/12/2011 à Kinshasa, lors d’un point de presse en rapport avec le déroulement des élections de 2011 en RDC. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
 
Monseigneur Nicolas Djomo, président de la CENCO le 4/12/2011 à Kinshasa, lors d’un point de presse en rapport avec le déroulement des élections de 2011 en RDC.
Après les contacts entamés lundi 5 mars par les évêques catholiques avec le président Joseph Kabila et ses principaux concurrents à la présidentielle de novembre 2011, les acteurs politiques de l’UPDS d’Etienne Tshisekedi et de la majorité présidentielle se disent favorables au dialogue mais refuse l’idée de partager le pouvoir. Chaque partie revendique sa victoire à la présidentielle et invoque à cet effet les dispositions de la constitution.
« Le dialogue tel que initié par les évêques de la Cenco est salué par le président de la République et la majorité présidentielle. Nous l’encourageons sauf que nous disons : le dialogue oui, mais dans le respect des lois de la république et de la constitution. Nous ne sommes pas là pour dialoguer avec des gens qui viennent avec des positions anticonstitutionnelles, qui voudraient encourager l’irrégularité nous disons non », déclare Raphaël Luhulu, conseiller du président Kabila chargé des relations avec le parlement.
Selon lui, Joseph Kabila avait déjà déclaré sa disponibilité à travailler avec tous les Congolais :
« Depuis le 20 décembre, dans son discours d’investiture le président Joseph Kabila qui est le président élu a dit rester ouvert au dialogue avec toutes les filles et tous les fils de la République démocratique du Congo qui aiment leur pays et qui voudrait apporter des éléments afin de reconstruire ce pays, le développer et faire qu’il devienne un pays émergent »
L’église catholique congolaise avait dénoncé les irrégularités qui avaient émaillé le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre 2011. Dans leur mémo remis lundi à Étienne Tshisekedi qui conteste la réélection de Joseph Kabila pour un mandat de 5 ans à la tête de la RD Congo, les évêques affirment initier ces contacts pour «privilégier dans une démarche inclusive la voie du dialogue pour l’intérêt supérieur de la nation congolaise… afin de voir comment reconstruire ensemble notre pays dans la paix, la justice et la vérité.»
A l’UDPS, on salue l’initiative des évêques. Mais pour ce parti, le dialogue devrait aboutir à la reconnaissance de la victoire d’Etienne Tshisekedi à la présidentielle de 2011. Ce parti rejette toute tentative de négociation des portefeuilles ministériels dans les circonstances actuelles. Le secrétaire général adjoint chargé des questions politiques et diplomatiques de l’UDPS, Raymond Kahungu Mbemba affirme :
« La démarche de l’église montre que les choses ne se sont pas déroulées tel que le peuple l’avait souhaité. Les élections ne se sont pas déroulées comme l’attendait notre peuple qui souhaitait le changement. Celui qui a été présenté comme élu à la tête du pays ou ceux qui sont présentés comme élus et siègent aux réunions du palais du peuple ne sont pas ceux que le peuple attendait.
Nous attendons de ce dialogue que l’église fasse comprendre aux uns et aux autres la vérité comme elle ne cesse de le dire. C’est par le dialogue qu’on peut résoudre le problème. Si ceux qui ont accaparé le pouvoir par la force des armes ne le comprennent pas comme ça nous ne voyons pas pourquoi nous allons dialoguer avec eux. »
A l’issue du scrutin présidentiel à un seul tour de novembre 2011 en RDC, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avait proclamé la victoire de Joseph Kabila avec 48,95%, devançant Etienne Tshisekedi, son principal challenger de l’opposition crédité de 32,33%.
Radio Okapi

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